Thèses

Évaluation de l’impact des plastiques à travers une approche couvrant l’ensemble du cycle de vie des objets 


Bilal Erradhouani, Doctorant en dernière année de thèse à l’université de Bordeaux

Au sein du groupe Analyse du Cycle de Vie et chimie durable (CyVi) de l’Institut des Sciences Moléculaires (ISM) et du Laboratoire de Chimie des Polymères Organiques (LCPO), le travail de Bilal Erradhouani porte sur le développement de méthodologies d’évaluation de l’impact des plastiques à travers une approche couvrant l’ensemble du cycle de vie des objets.

Quels sont les principaux objectifs et résultats de la thèse ?
Bilal Erradhouani

L’objectif de la thèse est d’objectiver le bénéfice supposé de la substitution des emballages pétrosourcés par des alternatives biosourcées. L’Analyse du Cycle de Vie (ACV) s’est donc imposée comme méthodologie de référence pour produire des outils robustes permettant d’évaluer quantitativement les impacts de cette stratégie de la bioéconomie. Les polymères biosourcés n’étant pas nécessairement biodégradables, l’évaluation de l’impact des fuites de plastiques sur les écosystèmes montre des effets contrastés. Le PLA se dégradant, par exemple, très lentement dans les océans, une perte du polymère génère des dommages comparables à ceux du PET ! Par ailleurs, l’application globale de l’ACV indique qu’une intégration de la substitution dans l’économie européenne réduirait l’impact climatique grâce au CO₂ capté lors de la croissance végétale, mais accroîtrait la pression sur les écosystèmes via l’usage des terres et de l’eau. Seule une substitution maîtrisée, combinant stratégies de circularité et baisse de la demande, permettrait d’atteindre les objectifs climatiques en limitant les pertes de biodiversité.

Pourquoi avez-vous sollicité une collaboration avec l’ADEME ? Qu’a-t-elle apporté aux travaux ?
B.E.

L’impasse que constitue l’accord mondial sur la pollution plastique révèle les crispations autour d’une crise qui ne manque pourtant pas de preuves scientifiques. Dans un tel contexte, solliciter l’ADEME représentait pour mes encadrants et moi une manière de s’extraire le plus possible des tensions entre productions académiques et intérêts privés. L’expertise de l’ADEME et son accompagnement ont nourri et renforcé mes travaux, notamment grâce à l’accès à ses rapports et à des ressources telles que la base de données Agribalyse.

Comment ont été et seront valorisés les résultats ? Quelles sont les éventuelles suites ?
B.E.

Deux publications scientifiques ont été écrites et sont en cours de révision. Au niveau national, les travaux ont été valorisés lors des conférences Management des Cycles de Vie (MCV) 2024 et 2025, et au niveau international, lors des conférences Life Cycle Management (LCM) 2023 et World Congress on Particle Technology 9 (WCPT9) Madrid. Ces événements ont permis de consolider les approches méthodologiques et ont initié des collaborations avec des experts de domaines complémentaires, indispensables au renforcement global de l’ACV comme méthode intégrée d’évaluation. Les perspectives incluent ainsi la poursuite des collaborations et l’enrichissement des outils développés. La méthode d’évaluation de l’impact des fuites de plastiques pourra être appliquée à d’autres secteurs polluants, comme la pêche ou l’agriculture. Une confrontation aux outils génériques existants (éco-score textile, par exemple) permettra également de discuter des potentialités de prise en main par des politiques publiques.